MAIS QU’EST-CE QUE LA FASCIITE PLANTAIRE ?
Par Dre Karine Pellerin, chiropraticienne
Peut-être avez vous déjà éprouvé de la douleur au talon lors des
premiers pas en vous levant le matin ou après une longue période
d’inactivité? Peut-être avez vous
déjà eu une sensation de brûlure ou l’impression d’avoir une lame de rasoir
sous le pied? Peut-être avez vous déjà
ressenti une douleur vive au centre du talon alors que vous mettiez du poids
sur votre pied? Si ces symptômes
vous sont familiers alors il est possible que vous ayez ou ayez déjà souffert
d’une fasciite plantaire.

Le fascia plantaire est une fine bande musculaire et tendineuse qui
s’attache sous le talon, au niveau du calcanéus (os du talon), et qui s’étend
jusqu’à la base des orteils. Le « ite » du terme fasciite désigne la
présence d’une inflammation au niveau de l’insertion du fascia plantaire. Il est à remarquer que la fasciite
implique le fascia plantaire mais aussi les autres muscles profonds du pied et
que se sont souvent eux qui sont responsables des douleurs ressenties. Cela
explique pourquoi on peut avoir une fasciite plantaire sans avoir de douleur à
la palpation superficielle du fascia.
Bien souvent on mélange le diagnostique d’une épine de Lenoir ou
« heel spur » et la fasciite plantaire. Une petite nuance est à apporter. L’épine de Lenoir est en fait une formation de nouvel os au
niveau de l’insertion du fascia plantaire. L’épine en soi est indolore (sans douleur) Elle se forme à la suite de
l’inflammation et de l’adhésion du fascia plantaire et des autres muscles
profonds du pied. C’est une
réponse de l’os au stress appliqué à cet endroit. L’épine de Lenoir est visible sur radiographie et peut
persister même après la résolution complète de la fasciite plantaire. Il n’y a pas non plus de lien entre le
pronostique et la présence ou l’absence de l’épine de Lenoir lors d’une
fasciite plantaire.
La fasciite plantaire est une blessure due à des
stress répétitifs qui se développe généralement sur une longue période de
temps. La liste suivante contient
des exemples de stress ou de conditions pouvant amener à la fasciite
plantaire :
- Anomalies mécaniques du pied telle
qu’un pied plat ou un pied creux (pied très rigide qui ne pourra absorber
les chocs)
- Se tenir debout sur une surface dure
telle que le ciment, pour une longue période de temps.
- Porter des chaussures qui n’offrent
pas un support d’arche approprié.
- Altération de la biomécanique
normale du pied par des activités physiques.
- Blessure aiguë au pied ( fracture ou
trauma direct sur le fascia)
- Restriction musculaire (manque de
souplesse ou muscles hypertoniques) pouvant toucher les muscles du pied,
du mollet ou de l’arrière de la cuisse (ischiojambiers)
- Mouvements répétitifs qui stressent
les tissus mous des pieds et des jambes.
- Augmentation subite du niveau
d’activité physique ou des charges à transporter.
- Surplus de poids.
Il est donc facile de comprendre que les coureurs, les
caissiers/ières, les travailleurs d’usine, les infirmiers/ières, les
postiers/ières, les joueurs de football ou de basket-ball sont des exemples de
gens plus à risque de développer une fasciite plantaire.
Le chiropraticien est un professionnel de premier contact très bien
formé afin d’évaluer et de traiter la fasciite plantaire. En effet, puisque la fasciite plantaire
est une blessure qui implique le fascia plantaire mais aussi les muscles de
l’ensemble du pied et de la chaîne cinétique du membre inférieur, il est
important de ne pas limiter le traitement au fascia lui-même. Par des
ajustements chiropratiques et du travail musculaire, le chiropraticien verra à
améliorer la biomécanique du pied jusqu’au bassin et ainsi diminuer les stress
appliqués au fascia. Le
chiropraticien fera aussi des recommandations afin d’éliminer la source du
problème et ainsi maximiser l’effet des traitements. Ces recommandations incluent de l’application de glace à la
maison, des étirements et des exercices en regard des muscles impliqués. Il est aussi important de voir à la
qualité des chaussures portées lors des diverses activités ainsi qu’évaluer la
nécessité d’une orthèse pour soutenir ou corriger l’arche plantaire. La modification de certaines habitudes
ou de certaines activités peut aussi faire partie des recommandations afin
d’éliminer la source du problème. La clef du succès dans le traitement de la
fasciite plantaire est de ne pas seulement enlever la douleur en ne traitant
que le fascia lui-même, mais bien de voir à améliorer la fonction mécanique de
toute la chaîne cinétique du membre inférieur, des orteils au bassin et de bien
sûr, diminuer la charge de stress sur le fascia plantaire et les autres muscles
du pied.
Pas à pas prenez soins de vos pieds car c’est eux qui vous
supportent jours après jours!
La
chiropratique, pour vivre activement… plus longtemps!
|